Technologie & innovation · · Mis à jour le
Routeur solaire : le vrai gain
Routeur solaire : le vrai gain sur chauffe-eau, piscine et VE, et les 3 façons de le surestimer sur une étude.
Depuis que le surplus se vend 1,1 c€ le kWh, faire tourner le chauffe-eau ou la recharge de la voiture au soleil est devenu le levier le moins coûteux d'une installation. C'est aussi la ligne d'une étude la plus facile à embellir. Valeurs vérifiées le 3 octobre 2026 — lecture : 6 minutes.
Ce que fait un routeur
Un routeur solaire mesure en continu ce que vos panneaux produisent et ce que la maison consomme. Quand la production dépasse la consommation, au lieu de laisser l'excédent partir sur le réseau, il l'envoie vers un appareil capable de l'absorber : la résistance du chauffe-eau le plus souvent, parfois la filtration ou le chauffage de la piscine, ou la borne de recharge d'une voiture.
L'intérêt est simple. Un kWh envoyé dans le ballon d'eau chaude est utilisé presque en totalité, là où un kWh stocké en batterie n'en restitue qu'environ 90 %. Et un routeur coûte nettement moins qu'une batterie. Dans une villa où le chauffe-eau électrique chauffe aujourd'hui la nuit, c'est souvent le premier équipement à étudier.
En octobre, la piscine ferme et les journées raccourcissent. Le chauffe-eau et la voiture deviennent les deux seules consommations déplaçables de l'hiver, et le surplus disponible pour elles diminue. C'est le bon moment pour regarder le calcul de près.
Première façon de gonfler le gain : le mauvais prix
Un kWh déplacé vers le solaire vous fait économiser le prix qu'il vous coûtait avant d'être déplacé. Si votre ballon chauffait en heures creuses, chaque kWh qui passe au solaire vous évite un kWh d'heures creuses, pas un kWh d'heures pleines.
C'est l'erreur la plus fréquente, et la plus difficile à voir sur une étude : le kWh déplacé est valorisé au tarif plein, alors qu'il était payé au tarif réduit.
| Exemple : 1 000 kWh de chauffe-eau déplacés des heures creuses vers le solaire | Gain annuel |
|---|---|
| Valorisé au prix qu'ils coûtaient réellement (heures creuses, 0,1589 €) | 158,90 € |
| Valorisé au prix des heures pleines (0,2142 €) | 214,20 € |
Écart : 55,30 € par an, soit un gain surestimé de 35 %, multiplié ensuite par chaque année du calcul de rentabilité. Le volume de 1 000 kWh est une hypothèse ronde choisie pour la lisibilité, pas une moyenne. Tarifs : tarif réglementé EDF, option heures creuses, au 1er août 2026.
Deuxième façon : un appareil qui n'existe pas
Un gain de pilotage suppose deux choses concrètes. L'appareil doit être là, et il faut un moyen de le commander : un routeur prévu au devis, ou une programmation que l'appareil permet déjà.
Une étude qui compte la recharge d'une voiture électrique que vous envisagez d'acheter, ou une piscine chauffée alors que la vôtre ne l'est pas, ajoute une consommation qui n'existe pas encore pour ensuite la « couvrir » avec le solaire. Le chiffre est séduisant et ne correspond à rien sur votre facture. Si vous avez un projet de voiture, il peut être étudié à part, comme un scénario futur, clairement séparé de votre situation actuelle.
Troisième façon : l'été toute l'année
Un routeur ne déplace que ce que le soleil fournit en trop à l'heure où il le fournit. En juillet, le surplus de midi suffit largement à chauffer un ballon. En décembre, sur une toiture de la Côte d'Azur, une partie des journées n'en laisse presque aucun : la maison consomme déjà toute la production, et le ballon reprend ses heures creuses habituelles.
Un calcul honnête se fait heure par heure, sur une année entière. La part qui ne trouve pas de surplus reste à sa place d'origine, et reste facturée comme avant. Une étude qui applique le gain de l'été aux douze mois surestime le résultat, et c'est en hiver que l'écart est le plus grand.
La règle que nous appliquons
Le pilotage déplace de la consommation, il n'en invente pas. Votre consommation annuelle est donc identique dans le scénario avec et sans pilotage ; seul son horaire change. Concrètement, nos études présentent toujours deux colonnes côte à côte :
| Sans changer vos habitudes | Avec pilotage solaire | |
|---|---|---|
| Ce qui est calculé | Votre maison telle qu'elle fonctionne aujourd'hui | Les mêmes kWh, dont une partie est déplacée en journée |
| Condition | Aucune | Appareil relevé lors de la visite et moyen de pilotage identifié |
| Investissement | Installation seule | Installation et routeur, chiffré au devis |
Le chiffre mis en avant est celui de la première colonne, parce que c'est le seul qui ne dépend pas de vos habitudes. La seconde montre ce que le pilotage peut ajouter, et à quel prix. Les deux restent des estimations, construites sur des hypothèses écrites dans l'étude.
Quatre questions à poser sur une étude
- À quel prix les kWh déplacés sont-ils valorisés ? La réponse doit être le tarif de l'heure à laquelle l'appareil fonctionnait avant.
- Quels appareils sont comptés, et d'où vient leur consommation ? Mesurée, déclarée par vous ou estimée par défaut : l'étude doit le dire.
- Le calcul est-il fait heure par heure sur l'année ? Une moyenne mensuelle ne permet pas de savoir s'il reste du surplus au moment où l'appareil en a besoin.
- Le routeur est-il au devis ? Sans lui, ou sans programmation possible de l'appareil, il n'y a pas de gain de pilotage.
Valeurs utilisées dans cet article — Tarif réglementé EDF HP/HC au 1er août 2026 (délibération CRE n° 2026-147) : 0,2142 € TTC/kWh en heures pleines, 0,1589 € TTC/kWh en heures creuses. Tarif de rachat du surplus : 1,1 c€/kWh HT (arrêté du 1er juin 2026). Rendement de stockage d'environ 90 % : ordre de grandeur pour une batterie domestique.
Votre chauffe-eau, votre piscine, votre borne — Lors de la visite technique, nous relevons chaque équipement pilotable et la façon dont il fonctionne aujourd'hui. C'est ce relevé, et lui seul, qui alimente la colonne « avec pilotage » de votre étude.